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Cameron road, terminus (Episode 3/3). Arrivée à Irkoutsk!

Boris Martin

 Cameron Road, terminus

De Paris à Hong Kong, en train

En octobre 2002, je faisais la rencontre de Marie Leurquin, née en 1921 en Chine, là où son père, Jules, était arrivé douze ans plus tôt pour y faire une carrière de consul avant d’y mourir en 1945. Gardienne nostalgique du souvenir de sa famille, Marie se demandait si les correspondances en petites rondes et les photographies couleur sépia qu’elle prenait tant de plaisir à parcourir pouvaient faire l’objet d’un livre. L’histoire de ce jeune homme de 24 ans qui avait fait « le grand voyage vers l’Extrême-Orient » ‑ un périple de 53 jours en train, en jonque et en chaise à porteurs ‑, pour rejoindre son poste à Chengdu, dans le Sud-Ouest de la Chine ; les trente-six années qu’il passa dans ce pays qui traversait les heures les plus fortes de son histoire récente ; sa carrière d’« honnête homme », les lettres qu’il écrivit sans relâche à sa mère Maria et les photos qu’il prit, tout cela me fascina. Je l’écrivis ce livre, passant alors des mois en compagnie de ce consul, parfois pris de vertige face à cette vie qui se déroulait sous mes yeux. L’idée de refaire ce voyage était née à ce moment-là, en parcourant les premières lettres que Jules écrivait à sa mère depuis Berlin, Moscou, le Transsibérien, Pékin, Chengdu. Une fois le livre paru (C’est de Chine que je t’écris…, Jules Leurquin, consul de France dans l’Empire du Milieu au « temps des troubles », Seuil, 2004. Traduit et paru en chinois aux éditions Hunan publishing group en mai 2005. Présenté lors du Salon international du livre de Pékin en septembre 2005 dans le cadre des Années croisées France-Chine), je ne tardai pas à mettre mes pas dans les siens.

Cameron Road, terminus est le récit du voyage que j’effectuai durant 45 jours entre août et octobre 2005, 96 ans après Jules. Parti de la gare de l’Est, à Paris, je prenais la direction de Hong Kong et traversai l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie, la Russie avant de parvenir en Chine. Ce voyage dans le présent du monde a pris, bien souvent, la tournure d’une errance dans le passé, sans doute induite par l’éclaireur clandestin qui m’accompagnait. Mais le récit de Jules, je l’ai transporté avec moi un peu à la manière dont Stendhal concevait le roman, comme un miroir qu'on promène le long d'un chemin. Les reflets qu’il m’a alors renvoyés mêlent inextricablement le monde d’hier à celui d’aujourd’hui. Peut-être même a-t-il permis à l’un et l’autre de s’éclairer mutuellement, m’offrant d’attraper au vol ces moments qui disent, un peu, ce qu’est le monde actuel. Cet homme du début du XXe siècle m’avait suivi sur mes pas autant que je m’étais inscrit dans les siens.

Pourquoi publier maintenant un manuscrit que j’ai sous le coude depuis 13 ans ? La recherche en dilettante d’un éditeur, ponctuée de quelques refus et pour le reste de non-réponses, a presque eu raison de mon désir de le voir devenir livre. De temps en temps, à la faveur d’un contact intéressé, je l’exhume. Avant de l’enterrer à nouveau. Alors autant en faire profiter ceux qui veulent (re)faire ce voyage avec moi.

Transe sibérienne (3/3)

 

Nous avons quitté Moscou par une nuit magnifique ;

la lune brillait d’un plein éclat et les coupoles dorées

semblaient tendre leurs flancs rebondis à ses rayons,

pour envoyer en guise de sourire d’adieu

un dernier reflet aux voyageurs.

Jules Leurquin, 7 mai 1909

L’âme d’Irkoutsk

L’horloge indique 2h30, mais il est bien 7h30 du matin lorsque le Rossiya s’immobilise sur le quai de la gare d’Irkoutsk. Cinq fuseaux horaires nous séparent désormais de Moscou qui continue néanmoins d’imposer son heure à cette ville située à plus de 5 000 km, qui se lève lorsque la capitale dort encore.

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Nous sommes dimanche et les rues presque désertes m’offrent déjà d’en respirer l’histoire, inscrite sur les murs et les monuments, comme imprimée en braille. Je suis l’aveugle qui lirait cette ville en caressant ses édifices. L’hôtel Rus n’est qu’à quelques pas d’ulitsa Lenina, la rue Lénine qui, un peu plus loin, croise ulitsa Karla Marxa. Sur la place Kirova trône une immense statue de « l’homme de la Léna », le surnom de Vladimir Illitch Oulianov. Il le doit au fleuve sinuant au nord d’Irkoutsk et sur les rives duquel il purgea trois années d’exil. Pour un peu, le bras tendu de Vova, l’autre surnom que Lénine partage avec tous les Vladimir de Russie, semblerait pointer un doigt accusateur vers la fresque Coca-Cola ornant la façade d’un immeuble, vestige d’une époque où représenter certains symboles de l’Ouest valait contestation.

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Cela se sent, Irkoutsk est de ces villes qui ont une âme. Sereines, adossées à leur histoire, elles ne s’en laissent pas compter, indifférentes aux artifices de la mode, accueillantes à la modernité, elles sont des réservoirs d’humanité. Irkoutsk, c’est comme une vieille photo sépia retrouvée dans un tiroir. Ses ruelles disent son histoire bien mieux que ne le feraient tous les livres. Que raconteraient-il, d’ailleurs, qui n’exhale des murs de cette ville ? Les isbas en bois, aux frises sculptées et aux volets peints en bleu et vert, laissées aux mauvais soins du temps qui passe, renvoient à celui où la ville n’était encore qu’une garnison cosaque dévolue à mâter les Bouriates, minorité mongole qui aujourd’hui encore en remontre au pouvoir de Moscou. Presque toutes décaties et de guingois, ces maisons basses s’affaissent au point de sembler s’effacer. Comme si elles voulaient se faire oublier, là au milieu des demeures de brique et de pierre que ceux ayant fait fortune dans la ruée vers l’or ou le commerce de fourrure et d’ivoire avec la Chine avaient fait construire. Ces belles bâtisses, aux tourelles festonnées et aux balcons cerclés de ferronneries ou soutenus par des colonnes à la grecque, ont certes perdu de leur lustre. Mais comme les rides sur les visages des vieux, les fissures ne font qu’embellir les façades qu’elles balafrent. Leurs peintures écaillées, hier flamboyantes, donnent aux frontispices des édifices une douce patine aux tons pastel. Sans doute la plus belle gifle qu’Irkoutsk l’ancienne puisse infliger aux immeubles qui partout sortent de terre et finiront par l’étouffer. En attendant, la ville et ses habitants savourent leur répit. Malgré ses 600 000 âmes, elle conserve une ambiance de village où les allées d’arbres ombragent les rues, étouffent les bruits d’une circulation encore réduite et semblent inviter les habitants à marcher d’un pas nonchalant.

Ceux que l’on croise sont les témoignages vivants de l’histoire d’Irkoutsk. Leurs visages où se mélangent la vigueur des Russes et la douceur des Mongols, Chinois et autres peuplades de l’orient sibérien, disent le carrefour humain que n’a jamais cessé d’être cette ville. Les hommes d’affaires chinois qui hantent les couloirs de l’ancien hôtel Intourist sont les successeurs des commerçants qui venaient négocier la soie et le thé contre les fourrures et l’ivoire : Irkoutsk est la porte d’entrée par laquelle l’âme de l’Extrême-Orient s’est engouffrée. Carrefour marchand, elle fut aussi lieu d’exil ou de retraite pour ceux qui s’opposèrent au tsar. Les rebelles polonais ou les « décembristes », ces officiers de la noblesse russe qui échouèrent dans leur tentative de mutinerie à Saint Petersbourg en décembre 1825, furent tous envoyés ici. Ils constituèrent une sorte d’avant-garde intellectuelle, publiant des journaux, ouvrant des salles de concert, bâtissant des écoles. Sans doute cette coexistence des aristocrates déchus et des commerçants repus explique-t-elle l’atmosphère particulière de cette ville qui semble avoir si peu changé depuis la description qu’en fit Jules Verne. C’est à Irkoutsk que Michel Strogoff, son héros, se rendait pour avertir le frère du tsar de l’arrivée des Tartares : « La ville, moitié byzantine, moitié chinoise, redevient européenne par ses rues macadamisées, bordées de trottoirs, traversées de canaux, plantées de bouleaux gigantesques, par ses maisons de briques et de bois, dont quelques-unes ont plusieurs étages, par les équipages nombreux qui la sillonnent, non seulement tarantass et télègues, mais coupés et calèches, enfin par toute une catégorie d’habitants très avancés dans les progrès de la civilisation et auxquels les modes les plus nouvelles de Paris ne sont point étrangères. » C’est sans doute à Jules Verne qu’Irkoutsk doit son surnom de « Paris de la Sibérie », rivalisant ainsi avec Harbin, le « Paris de l’Orient », ou Shanghai, le « Paris de l’Asie », autres artefacts de la Ville Lumière qui m’attendent à plusieurs milliers de kilomètres d’ici. Paradoxale et vaine aspiration en apparence que celle de ces villes qui voulaient ressembler à une bourgeoise alors qu’elles étaient repaires de désespérés. Irkoutsk, Harbin et Shanghai sont nées du sang mêlé de ceux qui subirent l’exil ou firent le choix de la fuite. À ces refuges d’une année ou d’une vie, ces damnés insufflèrent une part du trésor qu’ils transportaient : l’âme des déracinés.

 

L’œil bleu de la Sibérie

La route de Listvianka forme une immense coupe pratiquée en plein milieu de la taïga sibérienne pour relier Irkoutsk à ce village de pêcheurs. Le tapis d’asphalte se déroule dans le delta de la rivière Angara, zone marécageuse parsemée de minuscules villages, sillonnée de cours d’eau et cernée par les forêts de conifères dont le vert intense éclate sous l’ardent soleil de ce début de journée. Et dire que le monstre sommeille derrière ces collines paisibles : le cinquième des réserves d’eau douce du globe contenues dans un volume de 600 km de long sur 60 km de large et près de 2 000 m de profondeur. On pourrait croire que ces forêts n’ont poussé que pour former l’écrin protecteur d’un diadème qu’elles ne consentent à dévoiler qu’au prix d’espoirs régulièrement déçus. Pour chaque nouvelle colline dépassée, une autre se profile dans l’horizon sans fin. Et tout à coup, alors que la voiture peine à gravir une ultime côte, c’est comme si la forêt s’écartait respectueusement pour laisser apparaître ce que l’on prend d’abord pour une mer : le Baïkal.

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Et s’impose de nouveau le roman de Jules Verne dans lequel Madame de Bourboulon rapporte « au dire des mariniers, qu’il veut être appelé "madame la mer". Si on l’appelle "monsieur le lac", il entre aussitôt en fureur ». Que le lac Baïkal se rassure. C’est bien à une mer intérieure que l’on a le sentiment d’avoir affaire, tant l’horizon qu’il remplit est vide de tout relief venant en dire la limite, l’enfermement. Jules s’était étonné aussi que, des deux rives habituelles d’un lac, « le Baïkal n’en laisse voir qu’une ! » Sa luminosité est intense, presque aveuglante, comme provoquée par le scintillement de millions de pierres précieuses. Il ne s’agit que de la réverbération du soleil sur le clapot créé par le vent qui semble souffler ici depuis des siècles tellement il est constant et entêtant. À moins que ce ne soit le courroux de celui qu’on surnomme également « la mer houleuse » qui continue de s’exprimer ?

On raconte en effet que Baïkal était le père des plus de trois cent rivières qui l’alimentent, mais sa préférée était Angara qu’il avait promise au fleuve Irkout. Tout se serait passé selon ses désirs si Angara n’avait un jour entendu la conversation de deux mouettes évoquant la beauté et la vigueur du fleuve Ienisseï : né dans les hautes montagnes de Saïan, c’est lui qui berce Krasnoïarsk, puis traverse les immenses steppes avant de se jeter dans la mer froide de l’Arctique. Angara est troublée au point de demander à son père l'autorisation d'aller rencontrer Ienisseï, mais Baïkal refuse et cache sa fille au plus profond de ses eaux afin qu’elle entende raison. Angara n’abdique pas, profite du sommeil de son père et va rejoindre Ienisseï, provoquant chez son père une colère aussi phénoménale que vaine. Depuis, à chaque fois qu'il pense à sa fille, Baïkal souffle un vent de tempête sur la surface de ses eaux et les déchaîne. Car Angara, la seule rivière qui parte du Baïkal, se mêle toujours à Ienisseï. Et tous deux remontent la Sibérie avant d’aller se jeter dans la mer de Kara.

Aujourd’hui, Baïkal est en paix et Listvianka, terminus de la route, prend des airs de bout du monde. Au-dessus de quelques chalutiers planent les épaisses volutes des grills préparant l’omoul fumé, ce poisson que l’on ne trouve que dans ces eaux bleutées. Le village garde son âme de port de pêche, même si les résidences en construction, sortes de châteaux rappelant ces tas de crème fouettée que les Russes s’évertuent à appeler « gâteaux français », annoncent la station balnéaire qu’il deviendra. Sursitaires, quelques isbas rangées le long du rivage ou calfeutrées dans les pinèdes font profil bas. Peintes de bleu ou de vert, elles semblent rendre un hommage discret aux forêts qui les entourent et au lac qui les berce. La plage est couverte de galets qui donnèrent leur nom à Galka, orpheline d’Irkoutsk qu’Albert Londres rencontra à Moukden, en Mandchourie : « Je suis née sur le Baïkal alors que ma mère, croyant arriver chez elle à temps, le traversait au mois d’avril. Mon nom est Kira, mais je me suis baptisée Galka. C’est le nom des petites pierres blanches qui parsèment les rivages du lac »[1]. Aujourd’hui, les touristes les font ricocher sur les flots. Ainsi, peut-être, celles que Galka considérait comme ses sœurs peuvent-elles enfin retrouver cette mère engloutie par le lac… Un jeune père et son garçon, assis sur les troncs d’arbres morts ramenés par les eaux, lancent aux mouettes en vol stationnaire à quelques mètres d’eux les restes des omouls de leur déjeuner. Offrande, sans doute, à celles qui chuchotèrent le nom du fleuve de sa vie à Angara.

Il y a bien peu à faire dans ce port des confins, sinon à regarder l’œil bleu de Sibérie dont les embruns portés par le vent sont comme les larmes d’un père éternellement chagrin. À l’extrémité du village, là où les habitations se font rares, à l’aplomb d’une crique déserte, trône un arbre à vœux censé réaliser le souhait que formule secrètement celui qui noue un morceau de tissu autour de l’une de ses branches. J’en fais un : que Listvianka demeure longtemps cette sentinelle discrète veillant sur les vieux jours de Baïkal.

 

Vostok

Yura émerge difficilement du sommeil, me demandant l’heure, paraissant enregistrer à grand peine celle que lui indique le cadran de ma montre, avant de me demander, inquiet, si elle est réglée sur l’heure de Moscou ou d’ailleurs. Cela me rassure presque de voir ce Russe aussi paumé dans les horaires que je l’étais deux jours plus tôt en arrivant à Irkoutsk. Et comme je le serai de nouveau durant ce voyage qui reprend jusqu’à Harbin, dans cette Chine où, enfin, l’heure est la même partout.

Le train qui en prend la direction porte bien son nom. Vostok. L’Est, en russe. Ma course vers cet Extrême-Orient reprend à bord de ce jumeau du Rossiya dont il arbore les couleurs et les blasons. L’intérieur est sensiblement plus vétuste que son prédécesseur. Les tapis épais et les rideaux de velours ont fait place à de simples lattes de bois et à de minces tissus. La population des voyageurs a également changé. Aux Russes et aux touristes étrangers a succédé une majorité de Chinois, certainement des commerçants revenant de Moscou. De fait, l’ambiance a elle-même connu quelques variations si j’en crois les bruyants raclements de gorge et les crachats qui, invariablement, les ponctuent.

Bientôt, le train traverse les immenses forêts du delta de l’Angara, fille perdue de Baïkal. Des villages nichés en fond de vallée pointent des troncs de mélèzes de 10 ou 15 mètres au sommet desquels ont été hissées des antennes de télévision, seul moyen pour capter les échos du monde. Yura semble peu à peu reprendre pied avec la réalité. Nous partageons le premier thé de la journée dans le compartiment qu’il occupait seul jusqu’alors. Il vient de Tcheliabinsk, en-dessous d’Iekaterinbourg, à la limite de l’Oural et de la Sibérie occidentale, et se rend à Oulan-Oude voir un ami. Cela le réjouit de faire ce long voyage de presque quatre jours aller-retour pour un séjour qui durera à peine plus longtemps. Mais Yura, la trentaine, la silhouette fine, fragile, presque féminine, est d’un tempérament bonnard, se marrant tout seul de nos incompréhensions mutuelles. C’est peut-être à des personnalités comme celle-ci que Jules pensait lorsqu’il écrivait : « Singulières gens que ces Russes, jamais pressés, jamais abattus non plus, plus asiatiques, je crois, qu’Européens ». Mais tandis que le Vostok aborde la berge du lac Baïkal qu’il longera durant près de 200 km, Yura cesse presque toute conversation. Plaquant son visage sur la fenêtre comme le ferait un enfant, plongeant son regard clair dans les eaux bleues, il susurre à mi-voix, peut-être même malgré lui, le nom du joyau de la Sibérie. Je comprends que, pour la première fois de sa vie, il voit le Baïkal. La magie du lac opère, comme elle l’a fait de tout temps, comme lorsque les passagers du Transsibérien pouvaient profiter de la moindre halte sur ce tronçon pour aller recueillir un peu de cette eau que l’on dit bénéfique. Avant que ce contournement du lac ne soit réalisé, en 1907, la manœuvre était encore plus aisée puisque le train était encore embarqué à bord de bateaux qui le transportaient sur l’autre rive. En hiver, lorsque la banquise empêchait jusqu’à la navigation des brise-glaces, des rails étaient directement posés sur les eaux gelées. Certains disent que des convois entiers gisent par le fond. À voir les yeux de Yura encore tout illuminés par la vision du Baïkal, je me demande si ce n’est pas l’œil bleu de la Sibérie qui, en soumettant l’ennemi à sa beauté, avait protégé la Bouriatie des attaques russes.

Nous arrivons en effet bientôt à Oulan-Oude, capitale de cette république semi-autonome peuplée en majorité de Mongols convertis au xviie siècle au bouddhisme tibétain. Quatre siècles plus tard, ce peuple continue d’imposer à Moscou sa spécificité alors que la garnison d’Irkoutsk avait été fondée à seule fin de le soumettre à l’autorité du tsar. Peine perdue. Et c’est là que Yura, descendant de ceux qui ont toujours échoué à vaincre la résistance bouriate, termine son voyage.

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[1] Albert Londres, La Chine en folie, Le Serpent à plumes, 1997 [1922].

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